Olivier MESSIAEN, 1908-1992, Compositeur français

Biographie

Olivier Messiaen © Ralph Fassey

 

Il fut, pendant plus d'un demi-siècle, l'organiste de l'église de la Trinité dont les fidèles écoutaient les improvisations au cours des trois messes du dimanche matin. Il fut aussi, pendant des dizaines d'années, un pédagogue qui, dans l'enceinte très académique du Conservatoire de Paris, commenta très librement les audaces des temps passés et présents, amenant toute une génération de jeunes compositeurs à prendre conscience des formidables libertés dont ils disposaient. Il fut également, lorsque les contraintes du service sacré et de la pédagogie active le lui permettaient, l'homme qui se levait à l'aube, traquant les chants d'oiseaux et notant scrupuleusement des sonorités et des rythmes d'une finesse extrême et d'une invention, innée certes, mais confondante dans sa richesse. Olivier Messiaen, pour toutes ces bonnes raisons, forçait le respect, mais il fallut attendre bien longtemps pour comprendre que l'auteur de la Turangalîla-Symphonie, n'était ni un marginal, ni un excentrique mais un compositeur majeur du XXème siècle.

Comment, en effet, ses contemporains auraient-ils pu suivre l'itinéraire d'un artiste qui, tout en militant pour les valeurs d'une avant-garde, revivifiée après la deuxième Guerre mondiale, rêvait à une autre civilisation, au temps des cathédrales et des maîtres verriers du Moyen-Age - et ce n'est pas un hasard s'il tint à ce que la première exécution d'Et Exspecto resurrectionem mortuorum eut lieu à la Sainte-Chapelle, "au milieu des plus beaux vitraux de Paris, dans un lieu où la lumière s'irradie dans des bleus, des rouges, des ors, des violets extraordinaires" ; pas une surprise non plus si, pour composer Des canyons aux étoiles, il puisa son inspiration dans les paysages américains de l'Utah, dans les "formidables rochers de Bryce Canyon, teintés de toutes les nuances possibles de rouge, d'orange et de violet, ces formes étonnantes provoquées par l'érosion, formes de châteaux, de tours, de ponts, de fenêtres, de colonnes", où le silence total n'est troublé que par les chants d'oiseaux. Les Canyons, oeuvre géologique, ornithologique et astronomique, dit l'auteur, "oeuvre avant tout religieuse, faite de louange et de contemplation". Tout ce qu'il ne pouvait trouver dans les grandes métropoles, Paris ou New-York, objets de sa détestation – détestation résignée cependant, face aux promesses, aux certitudes même, de l'éternité ... Et l'on comprend aussi pourquoi dès son premier voyage au Japon, il fut fasciné ("un coup de foudre", note cet homme si doux, aux pulsions si violentes, néanmoins), par ce pays "où tout est noble", fasciné par les traditions musicales, par le nô et le gagaku, par les lanternes de pierre de Nara, par les érables aux feuilles rouges de Miyajima et, bien entendu, par le chant des oiseaux de Karuizawa (titre du sixième mouvement de ses Sept Haïkaï).

Puis il accepta son destin : la gloire venue avec l'âge, les hommages internationaux, les honneurs académiques, et certains se moquèrent de sa surprenante carte de visite où il énumérait les innombrables distinctions dont la société l'avait, enfin, gratifié ; ce n'était ni arrogance, ni signe d'un orgueil que toute sa morale aurait récusé, mais geste de courtoisie à l'égard de ceux qui l'avaient distingué. Quant à la formulation de sa carte de visite, elle était révélatrice ; pas de mention de son activité de "compositeur" mais, sous son nom, un raccourci saisissant pour qualifier sa démarche musicale : "ornithologue et rythmicien".

L'ornithologie, singulière obsession qui ne fut guère partagée par ses élèves, et il prêchait vraiment dans le désert en prétendant que "les oiseaux sont les plus grands musiciens qui existent sur notre planète". En revanche, il fut pionnier en son époque avec ses études sur le rythme (rythmique grecque, deçis-talas de l'Inde ancienne et, plus près de nous, sa fameuse analyse du Sacre du printemps) et par leurs applications dans sa propre musique. Ce n'est pas sans véhémence qu'il fustigeait ce qu'il est convenu d'appeler les "musiques rythmiques" : marches militaires, ou jazz, avec répulsion particulière selon un code moral très exigeant et non sans une certaine méconnaissance, peut-on dire.

L'étude des valeurs rythmiques, passablement négligées par les classiques européens, fut donc un élément majeur, déterminant, dans l'apport pédagogique d'Olivier Messiaen et, pour toute une génération qui, en matière d'organisation du discours ou de principes harmoniques, tirait ses modèles de l'école viennoise (le sérialisme selon Schoenberg et, plus encore, Anton Webern), il délivra le message de la durée. "Il m'a communiqué l'inquiétude rythmique", dira plus tard Pierre Boulez, un de ses plus célèbres élèves, qui ne partageait certes pas toutes ses options en matière de langage musical, mais sut reconnaître une dette, et témoigne jusqu'à ce jour, d'une affectueuse fidélité à l'égard de son maître.

Cet enseignement, auquel Messiaen consacra tant d'heures (car, pour chaque geste, il prenait son temps ...) est un acquis indiscutable. Et consultable aujourd'hui grâce aux sept volumes du Traité de rythme, de couleur et d'ornithologie, source inappréciable de connaissances. Mais ce qui est transmis à la postérité, pour jugement ultérieur, c'est naturellement un catalogue d'oeuvres, dont le langage se caractérise à la fois par sa permanence à travers le temps, sa puissante signature et sa distance par rapport aux grands courants de notre temps. Vastes partitions pour orgue, toutes imprégnées d'une foi inébranlable, grands cycles pour piano à l'écriture si novatrice (Vingt Regards sur l'Enfant Jésus, Catalogue d'oiseaux), oeuvres instrumentales qui font la part belle aux vents et percussions se sont succédé, jusqu'à l'unique opéra, Saint François d'Assise auquel Messiaen travailla pendant huit ans, pour lequel il fit un voyage spécial en Calédonie afin de capter le chant de la Gerygone, et qui, même si ce n'est pas son opus ultime, doit être considéré comme une oeuvre testamentaire.

Olivier Messiaen, qui fut si souvent en butte aux sarcasmes, insulté à l'époque des Petites Liturgies de la Présence divine, sifflé pendant l'exécution de l'Epode de Chronochromie, moqué après la création de Saint François, si peu dans la norme du répertoire lyrique traditionnel, est désormais célébré à travers le monde et, phénomène plus rare encore, écouté avec passion par de très larges auditoires. Il ne fit que suivre l'exigence de ses choix, de sa singulière personnalité, persuadé, et cela lui suffisait, qu'après sa mort il connaîtrait au Ciel une glorieuse résurrection.

Claude Samuel

Messiaen en images

Olivier Messiaen, Pierre Boulez et Yvonne Loriod © Ralph Fassey

Chronologie

1908 10 décembre : naissance d'Olivier Messiaen à Avignon. Son père, Pierre Messiaen, professeur d'anglais, traduira Shakespeare ; sa mère est la poétesse Cécile Sauvage, auteur de "L'âme en bourgeon".
1912 Pierre Messiaen est nommé à Ambert. C'est là que le futur compositeur apprend à lire.
1913 Naissance d'Alain Messiaen.
1914 Débuts des hostilités : Pierre Messiaen est mobilisé ; la famille s’installe à Grenoble où réside le frère de Cécile Sauvage. Olivier Messiaen considérera le Dauphiné comme sa terre d’adoption.
1917 Premières leçons de piano.
Olivier Messiaen compose sa première œuvre conservée : La Dame de Shalott pour piano, d'après un poème d'Alfred Tennyson.
1918 Démobilisé, Pierre Messiaen est nommé à Nantes, où la famille s'installera pour quelques mois. C’est à Nantes que le jeune Messiaen rencontre celui qu'il tiendra pour son premier maître : Jehan de Gibon, lequel offre au petit garçon qu'il est encore la partition de Pelléas et Mélisande.
1919 Un nouveau poste pour Pierre Messiaen : le lycée Charlemagne. La famille se fixe à Paris, au 67 de la rue Rambuteau.
Olivier Messiaen entre au Conservatoire National Supérieur de la rue de Madrid où il aura, comme professeurs, Jean et Noel Gallon, Georges Caussade, César Abel Estyle, Marcel Dupré, Maurice Emmanuel et Paul Dukas.
1923 Olivier Messiaen commence à noter des chants d'oiseaux.
1924 Deuxième prix d'harmonie (le premier prix est remporté par Maurice Duruflé).
1926 Premier Prix de contrepoint et de fugue.
1927 Mort de Cécile Sauvage, emportée par la tuberculose.
Premier Prix d'accompagnement au piano.
1928 20 avril : Maurice Martenot présente à l'Opéra de Paris les "Ondes" qui portent son nom.
1929 Premier Prix d'orgue et d'improvisation.
Premier Prix d'histoire de la musique.
Composition des Huit Préludes pour piano, première oeuvre que Messiaen inscrira à son catalogue "officiel".
Première tentative infructueuse au Concours de Rome.
1930 Premier Prix de composition.
Deuxième tentative infructueuse au Concours de Rome.
1931 Olivier Messiaen est nommé organiste titulaire à l'église de la Trinité.
19 février : première exécution publique d'une oeuvre d'Olivier Messiaen ; Walther Straram dirige Les Offrandes oubliées au Théâtre des Champs-Elysées.
1932 Composition de Thème et Variations pour violon et piano, à l'intention de "Mi" : Claire Delbos, qu'il épouse cette même année.
1934 9 février : création de L'Ascension aux Concerts Siohan.
1935 Composition de La Nativité du Seigneur, premier des grands cycles d'orgue.
1936 Olivier Messiaen est professeur à l'Ecole Normale de Musique (classe de déchiffrage d'ensemble au piano) et à la Schola Cantorum (improvisation à l'orgue).
Concerts de "La Spirale" à la Schola Cantorum avec Georges Migot, Paul Le Flem, Daniel-Lesur et André Jolivet.
Création du Groupe Jeune France : Olivier Messiaen, Yves Baudrier, Daniel-Lesur et André Jolivet. Le manifeste du Groupe dit notamment : "Les conditions de la vie devenant de plus en plus dures, mécaniques et impersonnelles, la musique se doit d'apporter sans répit à ceux qui l'aiment sa violence spirituelle et ses réactions généreuses."
3 juin : premier concert Jeune France, Salle Gaveau, sous la direction de Roger Désormière. Deux oeuvres de Messiaen sont au programme : Hymne et Les Offrandes oubliées.
A partir de 1936, Messiaen fixe sa résidence d'été à Petichet, dans le Dauphiné.
1937 28 avril : création à la Schola Cantorum des Poèmes pour Mi par la cantatrice Marcelle Bunlet ; Messiaen est au piano. La version orchestrale sera créée neuf ans plus tard, à Bruxelles, sous la direction de Franz André.
Pour les "Fêtes du son, de l'eau et de la lumière", organisées dans le cadre de l'Exposition universelle, Olivier Messiaen compose La Fête des belles eaux, pour sextuor d'ondes Martenot.
Naissance de Pascal, le fils du compositeur.
1938 6 mars : création des Chants de terre et de ciel, dans le cadre des Concerts du Triton, par Marcelle Bunlet et le compositeur, au piano.
21-26 juin : premier voyage d'Olivier Messiaen à Londres, où il interprète La Nativité du Seigneur.
Olivier Messiaen s'installe au 13, Villa du Danube, dans le XIXème arrondissement de Paris.
1939 Eté : composition des Corps glorieux qui ne seront créés que le 15 avril 1945 par le compositeur.
Début des hostilités. Olivier Messiaen est mobilisé.
1940 Juin : fait prisonnier, Olivier Messiaen est emmené au camp de Görlitz, en Silésie.
1941 15 janvier : création du Quatuor pour la fin du Temps devant les prisonniers du Stalag VIII A par Jean Le Boulaire (violon), Henri Akoka (clarinette), Etienne Pasquier (violoncelle) et Olivier Messiaen (piano).
La première à Paris aura lieu en juin 1942.
Mai : libéré, Messiaen est nommé professeur d'harmonie au Conservatoire de Paris.
1942 Eté : rédaction de "Technique de mon langage musical", ouvrage publié en 1944.
1943 10 mai : création des Visions de l'Amen à Paris (concerts de la Pléïade), par Yvonne Loriod et le compositeur.
1943-47 Cours privés de composition au domicile de Guy-Bernard Delapierre.
1944-45 Pierre Boulez, élève d'Olivier Messiaen au Conservatoire.
1945 26 mars : création, salle Gaveau, par Yvonne Loriod des Vingt Regards sur l'Enfant-Jésus.
21 avril : création à Paris (concerts de la Pléïade) des Trois petites liturgies de la Présence Divine par Yvonne Loriod (piano), Ginette Martenot (ondes Martenot), la Chorale Yvonne Gouverné et la Société des Concerts du Conservatoire sous la direction de Roger Désormière.
1947 Claude Delvincourt, directeur du Conservatoire de Paris, crée une classe d'analyse pour Olivier Messiaen.
Cours d'analyse au Conservatoire de Budapest.
Premier voyage aux Etats-Unis. L'Ascension est dirigée par Serge Koussevitzky à Tanglewood.
1949 Olivier Messiaen entreprend son "Traité de rythme, de couleur et d'ornithologie".
Cours de composition au Berkshire Music Center à Tanglewood.
2 décembre : création à Boston de la Turangalîla-Symphonie. Orchestre de Boston sous la direction de Leonard Bernstein. Yvonne Loriod (piano) et Ginette Martenot (ondes Martenot).
1949-51 Cours d'analyse rythmique à Darmstadt.
1950 25 juillet : création française de la Turangalîla-Symphonie au Festival d'Aix-en-Provence. Orchestre National sous la direction de Roger Désormière.
1951-54 Iannis Xenakis, auditeur à la classe d'Olivier Messiaen.
1952 Karlheinz Stockhausen participe à la classe d'Olivier Messiaen.
1953 23 avril : création du Livre d'orgue à Stuttgart.
11 octobre : création du Réveil des oiseaux au Festival de Donaueschingen. Yvonne Loriod (piano). Orchestre du Sudwestfunk sous la direction de Hans Rosbaud.
Cours d'analyse rythmique à Sarrebruck.
1954 Janvier : lancement à Paris des "Concerts du Petit Marigny", qui allaient devenir, la saison suivante, les concerts du "Domaine Musical".
1956 10 mars : création à Paris (concerts du Domaine Musical) des Oiseaux exotiques. Yvonne Loriod (piano). Direction : Rudolf Albert.
1957 Mort de Pierre Messiaen.
Les Trois petites liturgies de la Présence Divine sont exécutées à la Biennale de Venise. À cette occasion, Olivier Messiaen s'entretient longuement avec le cardinal Roncalli, futur Jean XXIII.
1959 15 avril : création à Paris (concerts du Domaine Musical) du Catalogue d'oiseaux par Yvonne Loriod.
22 avril : mort de Claire Delbos à l'issue d'une très longue maladie.
1960 16 octobre : création de Chronochromie au Festival de Donaueschingen. Orchestre du Südwestfunk dirigé par Hans Rosbaud.
1962 Voyage au Japon avec Yvonne Loriod, sa seconde épouse.
Août : Darius Milhaud accueille Messiaen au Festival d'Aspen (Colorado).
1963 30 octobre : création à Paris (concerts du Domaine Musical) des Sept Haïkaï. Yvonne Loriod (piano). Direction : Pierre Boulez.
1964 Voyage en Argentine. Olivier Messiaen donne des cours de rythme à Buenos-Aires.
17 octobre : création au Festival de Donaueschingen des Couleurs de la cité céleste. Yvonne Loriod (piano). Direction : Pierre Boulez.
1965 7 mai : création privée à la Sainte Chapelle, à Paris, d'Et exspecto resurrectionem mortuorum sous la direction de Serge Baudo. L'oeuvre sera rejouée le 20 juin à la cathédrale de Chartres, en présence du général de Gaulle.
1966 Mai : voyage en Finlande.
Octobre : Olivier Messiaen est professeur de composition au Conservatoire de Paris.
1967 Premier Concours Messiaen au Festival de Royan (premier prix: Michel Béroff).
Décembre : tournée aux Etats-Unis.
20 décembre : Olivier Messiaen est élu à l'Académie des Beaux-Arts. Il succède au peintre et tapissier Jean Lurçat.
1968 4-8 décembre : premier Festival Messiaen à Düsseldorf, à l'occasion de son soixantième anniversaire.
1969 7 juin : création à Lisbonne de la Transfiguration de Notre Seigneur Jésus-Christ. Orchestre de Paris sous la direction de Serge Baudo.
Septembre : séjour au Festival de Shiraz-Persépolis.
1970 Octobre-novembre : tournée aux Etats-Unis et au Canada.
1971 Festival Messiaen au Mai florentin.
25 juin : Messiaen est reçu à Amsterdam par la reine Juliana à l'occasion de la remise du Prix Erasme.
9 octobre : Messiaen reçoit le Prix Sibelius à Helsinki.
1972 Mars-avril-mai : tournée aux Etats-Unis.
20 mars : création à Washington des Méditations sur le Mystère de la Sainte Trinité.
9-11 juin : deuxième Festival Messiaen à Düsseldorf.
7 novembre : création à Paris de La Fauvette des jardins par Yvonne Loriod.
1973 Mars : Semaine Messiaen à Cardiff.
Avril : Semaine Messiaen à Londres (English Bach Festival).
Mai : Messiaen est nommé membre de l'Académie San Fernando à Madrid et de l'Académie des Sciences et des Arts à Boston.
Octobre : tournée aux Etats-Unis.
1974 Mars : Semaine Messiaen à Karlsruhe.
20 novembre : création à New York des Canyons aux étoiles... Yvonne Loriod (piano). Orchestre Musica Aeterna sous la direction de Frederic Waldman.
1975 Rolf Liebermann commande l'opéra Saint François d'Assise à Olivier Messiaen.
1977 Olivier Messiaen reçoit le Grand Prix National de la Musique.
4 décembre : "Conférence de Notre-Dame", prononcée à Notre-Dame de Paris.
1978 Fin juin : atteint par la limite d'âge, Olivier Messiaen quitte son poste de professeur au Conservatoire de Paris.
Novembre-décembre : "Hommage à Olivier Messiaen" à l'occasion de son soixante-dixième anniversaire ; l'intégrale de son oeuvre est jouée à Pariset de nombreux concerts lui sont consacrés dans plusieurs villes de France.
1979 25-31 janvier : troisième Festival Messiaen à Düsseldorf.
1983 28 novembre : création de Saint François d'Assise à l'Opéra de Paris.
José van Dam dans le rôle-titre. Dir. : Seiji Ozawa ; mise en scène : Sandro Sequi.
1984 Prix de l'Académie de Berlin.
1985 10 novembre : remise du Prix Kazuo Inamori, décerné à Kyoto (Japon).
1986 Olivier Messiaen est élevé à la dignité de Grand Croix de la Légion d'honneur.
Mars-avril : Olivier Messiaen assiste à une série de concerts consacrés à Saint François d'Assise (tableaux 3, 7 et 8) à Tokyo, Londres, Berlin, Boston et New York, sous la direction de Seiji Ozawa.
1er juillet : création à Detroit (Etats-Unis) par Almut Rössler du Livre du Saint-Sacrement (commande de l'American Guild of Organists) en présence du compositeur.
1987 9-20 juillet : Olivier Messiaen est "compositeur invité" au Centre Acanthes (Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon).
1987-91 Composition des Eclairs sur l'au-delà..., commande de l'Orchestre Philharmonique de New York pour son 150ème anniversaire. Création posthume le 5 novembre 1992 sous la direction de Zubin Mehta.
1988 Voyage d'Olivier Messiaen et d'Yvonne Loriod en Australie.
Le quatre-vingtième anniversaire d'Olivier Messiaen est célébré dans de nombreux pays. À cette occasion, le 26 novembre, l'Ensemble Intercontemporain exécute en création mondiale, au Théâtre des Champs-Elysées, Un vitrail et des oiseaux. Le 10 décembre, jour-anniversaire, une version "semi-scénique" de Saint François d'Assise est donnée à Londres sous la direction de Kent Nagano (première anglaise de l'opéra).
1989 Olivier Messiaen reçoit le Prix Paul VI à la cathédrale de Paris.
1990 Mort d'Alain Messiaen.
1991 Pour la célébration du bicentenaire de la mort de Mozart, Olivier Messiaen compose Un sourire. "Malgré les deuils, dit le compositeur, les souffrances, la faim, le froid, l'incompréhension et la mort qui rôdait, Mozart, tout comme sa musique, était souriant. C'est pourquoi je me suis permis, en toute modestie, d'intituler mon hommage : un sourire."
1992 27 avril : mort d'Olivier Messiaen à Paris.
17 août : Saint François d'Assise au Festival de Salzbourg dans la production de Peter Sellars. Orchestre de Los Angeles dirigé par Esa-Pekka Salonen.
1994 Marius Constant est reçu à l'Académie des Beaux-Arts au fauteuil précédemment occupé par Olivier Messiaen.
26 septembre: création à Paris (Opéra-Bastille) de Concert à quatre pour flûte, hautbois, violoncelle, piano et grand orchestre, oeuvre achevée par Yvonne Loriod. Orchestre de l'Opéra dirigé par Myung-Whun Chung.
Solistes : Catherine Cantin, Heinz Holliger, Yvonne Loriod et Mstislav Rostropovitch.

Claude Samuel, Permanences d'Olivier Messiaen. Dialogues et Commentaires (éd. Actes Sud, novembre 1999, Arles)